Dieppe: c’est le capitalisme qui a tué, pas la fatalité !

(«le prolétaire»; N° 527; Janv. - Févr. - Mars 2018)

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Samedi 17 février, deux prolétaires ont trouvé la mort à Dieppe dans l’usine de production d’huile Saipol. Plusieurs des onze autres travailleurs présents ont été blessés ou sont sous le choc après le décès de deux de leurs camarades. Ces ouvriers travaillaient pour un sous-traitant lors d’opérations de maintenance.

L’explosion de l’entreprise dans la zone portuaire a été suivie d’un incendie important qui était visible dans une large partie de la ville. Par mesure de sécurité, un périmètre a été établi autour de l’usine pour faire face à risque sanitaire et de pollution.

Cette usine produit de l’huile de colza et de la nourriture pour bétail. Elle appartient au géant de l’agrobusiness Avril, premier producteur français d’œufs, un des principaux transformateurs de colza et de tournesol pour l’huile de table ou l’alimentation. L’explosion a sans doute été causée par l’hexane, un hydrocarbure très inflammable utilisé pour l’extraction de l’huile résiduelle.

 

 La loi du  profit tue! Assez de morts au travail!

 

L’ UL CGT de Dieppe et la CGT de l’usine dans leur communiqué du 18/2 affirment ne pas vouloir «s’exprimer sur les causes de l’accident avant d’avoir eu connaissance des éléments d’enquête».

Mais il n’y a pas besoin d’une enquête approfondie pour savoir que dans le but d’exploiter au maximum les hommes et les machines, l’entretien et donc la sécurité des installations laissent souvent à désirer quand ils ne sont pas totalement absents. Par conséquent la protection et la santé des prolétaires sont menacées par les insuffisances de la maintenance ou des mesures sécurité car les capitalistes font passer le profit avant la vie de ceux qu’ils exploitent.

La chose qui compte pour eux avant tout est la santé de leur entreprise, la santé du capital. La course effrénée au profit, loi fondamentale du capitalisme, oblige les patrons à exploiter au maximum les travailleurs et à mettre ainsi leur santé et leur vie en danger, comme celles de leurs familles qui vivent à proximité des usines et subissent leurs nuisances (pollution de l’eau et de l’air, risques industriels).

Quand les patrons se soucient de prévenir les accidents du travail, c’est qu’ils veulent éviter le risque d’entraver la production, ou – pire à leurs yeux – de déclencher des réactions de colère et des luttes des prolétaires.

 

Ni crever ni rester invalides pour engraisser les capitalistes! Riposte ouvrière !

 

Le ministre de l’Agriculture, le PDG d’Avril et les politiciens locaux ont appelé les travailleurs au «recueillement» et à une minute de silence.

Mais ce n’est pas recueillement qu’ils ont besoin! Les prolétaires sont soumis à une exploitation qui n’offre comme alternative de se tuer au boulot ou de crever de pauvreté parce qu’on n’a pas de travail. Ils ne doivent pas se laisser duper par les «hommages» hypocrites de leurs ennemis de classe; il leur faut, non pas se recueillir, mais entrer en lutte pour défend leurs conditions de travail et de vie. Pour cela, ils doivent tourner le dos au souci de «défendre l’entreprise» ou l’économie, et rompre par conséquent  avec les syndicats collaborationnistes toujours prêts à courber l’échine face à la sauvegarde des «intérêts de l’entreprise» , la «reconquête industrielle» ou le «développement de la région» ou de la nation…

Il n’y a qu’une seule voie pour les prolétaires: s’organiser de façon classiste sur le terrain des luttes immédiates, et sur le terrain politique en parti de classe révolutionnaire afin de combattre pour la défense exclusive de leurs intérêts de classe, en commençant par la lutte défensive pour réduire l’intensité de l’exploitation avant de pouvoir passer ensuite à la contre-attaque, puis à l’offensive générale pour détruire le mode de production capitaliste assassin.

 

 

Parti communiste international

www.pcint.org

 

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