L’impérialisme français verse des larmes hypocrites sur la Syrie et sème la mort au Yémen

(«le prolétaire»; N° 527; Janv. - Févr. - Mars 2018)

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Le gouvernement français et les médias à la botte poussent des cris d’indignation devant les massacres de civils par le gouvernement syrien et ses soutiens – Iran et Russie en particulier. Ils sont pourtant beaucoup plus discrets – c’est le moins que l’on puisse dire – face à la guerre d’anéantissement que mène l’Arabie Saoudite au Yémen.

 

Le Yémen ravagé par la guerre d’anéantissement saoudienne

 

Depuis plus de trois ans, l’Arabie Saoudite, à la tête d’une coalition «sunnite», mène une guerre sanglante au Yémen contre les Houtistes, un courant islamiste chiite insurgé soutenu par l’Iran. Ciblant des infrastructures vitales, les raids aériens ont détruit des routes, des réseaux électriques, des ports, des aéroports, des ponts, des installations d’approvisionnement en eau, des écoles et des hôpitaux. Le secteur agricole a été pris pour cible pour détruire la production et la distribution de nourriture en bombardant des fermes, des installations de stockage de nourriture, marchés et camions de nourriture. La pêche a subi le même sort: plus de 250 bateaux de pêche ont été endommagés ou détruits en mer Rouge. Un blocus naval a été imposé, ce qui bloque les importations de nourriture, de carburant et d’autres produits de première nécessité, dont dépend fortement le pays.

Cette guerre a fait plus de 13 000 morts. Des dizaines de milliers de personnes ont été blessées et plus de trois millions ont été déplacées. Huit millions de personnes – près d’un tiers de la population – sont au bord de la famine. Selon l’UNICEF, un enfant meurt au Yémen toutes les dix minutes à cause de la malnutrition et de la maladie. Avec l’effondrement des soins de santé et de l’assainissement de base, y compris l’eau potable, une épidémie de choléra a éclaté et touche un million de personne.

La sanglante intervention militaire saoudienne est activement soutenue par les impérialistes occidentaux. Les Etats-Unis ont livré de nombreuses armes et de nombreuses informations aux bouchers saoudiens. La France n’est pas en reste pour participer à cette boucherie.

 

La France complice des crimes saoudiens

 

L’impérialisme français, malgré son affaiblissement, n’a rien perdu de son agressivité comme le démontrent ses interventions militaires en Afrique, et il ne veut pas rester à l’écart du pillage du Moyen Orient. L’Arabie Saoudite est un des plus gros clients de l’industrie d’armement française. Entre 2010 et 2016, la France lui a fourni pour plus de neuf milliards d’euros d’équipement militaire, ce qui représente environ 15 à 20 % des exportations d’armes françaises chaque année.

L’impérialisme français est complice de cette guerre d’anéantissement. Dès son déclenchement, Fabius, alors ministre des Affaires Etrangères, avait accouru à Ryad pour assurer du soutien français. Ce soutien n’a rien de platonique: l’impérialisme tricolore arme le bras meurtrier des dictateurs islamistes saoudiens et de leurs alliés, en fournissant le système de guidage des bombes des avions, des avions pour le ravitaillement en carburant des F-15 en vol, des drones de surveillance, des hélicoptères de transport, des canons, des blindés légers, de petits patrouilleurs pour assurer le blocus du pays. La France n’a pas non plus été avare avec les autres membres de la coalition. Sont utilisés au Yémen des chars Leclerc émiratis et des Mirage 2000 émiratis et qataris.

La France a même participé directement aux opérations en effectuant des vols de reconnaissance pour le compte des Saoudiens, en formant ses pilotes de chasse, en participant directement au blocus pour remplacer la flotte saoudienne lorsqu’elle est en maintenance, en assurant la maintenance, la mise à niveau et l’approvisionnement en obus des avions de combat émiratis et qataris.

 

L’ennemi principal est dans notre pays ! A bas l’impérialisme français !

 

Les prolétaires de France n’ont rien à gagner à la politique guerrière de «leur» bourgeoisie qui, là-bas, massacre les masses pauvres, et qui, ici, leur fait payer l’augmentation du budget militaire et veut faire passer ses attaques anti-prolétariennes au nom de l’«unité nationale».

Il n’y a pas d’intérêts communs entre bourgeois et prolétaires! Les bourgeois défendent uniquement les intérêts du rapace impérialisme tricolore. Les prolétaires doivent s’y opposer sans hésiter. Ils doivent dénoncer ce bain de sang et le rôle de l’impérialisme français. C’est une condition sine qua non de l’unification des prolétaires français avec leurs frères de classe, tant des autres pays impérialistes que des continents opprimés.

Les guerres «locales» d’aujourd’hui annoncent le conflit mondial de demain entre les impérialistes: c’est la seule issue qu’offre le capitalisme s’il n’est pas arrêté avant. Les prolétaires ont la force sociale de faire échec à cette perspective pour que cesse le fait que les exploiteurs les utilisent comme de la chair à canon. Leur unité, leur organisation, leur entrée en lutte, leur retour à des principes et des méthodes de classe peut déchaîner une guerre de classe brisant toutes les forces de la bourgeoisie.

Cette tâche n’est ni la plus facile ni la plus rapide à accomplir. Mais c’est la seule perspective réaliste, la seule qui permettra de mettre fin à cet ignoble monde d’oppressions, d’exploitations, de misère et de guerres

 

Impérialisme français hors d’Afrique et du Moyen Orient !

Lutte à mort contre l’impérialisme français et ses crimes !

Lutte sans trêve et sans frontière pour la révolution prolétarienne internationale !

 

26/2/2018

 

 

Parti communiste international

www.pcint.org

 

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