Afrique subsaharienne: vive les luttes des prolétaires et des masses exploitées!

(«le prolétaire»; N° 528; Avril-Mai-Juin 2018)

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Malgré les racontars des médias bourgeois sur le «miracle économique» africain ou sur les «lions» africains, sensés suivre le chemin des «tigres» asiatiques, les pays d’Afrique subsaharienne connaissent les soubresauts de la crise économique capitaliste mondiale.

Cela se traduit par des attaques bourgeoises contre les prolétaires et les masses pauvres… mais également par des secousses prolétariennes qui prennent la forme de grèves et de manifestations de masse. Un nombre significatif de pays d’Afrique subsaharienne ont connu des réactions de colère contre l’austérité et la misère ces derniers mois : Soudan, Niger, Tchad et Éthiopie.

 Dans tous ces pays, des plans d’austérité drastiques ont été annoncés ou mis en œuvre. Au Tchad, le régime du dictateur Idriss Déby a décidé de baisser les salaires des fonctionnaires et de supprimer les bourses pour les étudiants mais aussi d’augmenter les prix des carburants, ce qui a mécaniquement comme conséquence l’augmentation des prix des marchandises.

Au Niger, la loi de finances prévoit une hausse de la TVA sur les produits de première nécessité ainsi que la mise en place d’une taxe d’habitation.

Au Soudan, la fin des subventions a entraîné un doublement du prix du pain. La suppression progressive des subventions sur les hydrocarbures se poursuit. Cela vient renforcer une inflation galopante – plus de 25 % – provoquée par la dévaluation de la monnaie.

En Éthiopie, la croissance économique basée sur une intégration rapide à l’économie mondiale (sur le modèle chinois d’attirer des industries de main d’œuvre grâce à des salaires de misère) se fait en faisant payer le prix fort à une large partie des masses. Ces investissements tendent à se ralentir ces derniers mois. Cela engendre des rivalités entre différentes fractions bourgeoises qui souhaitent obtenir une plus grosse part d’un butin qui diminue. Les masses pauvres des campagnes subissent également l’accaparement des terres (pour construire des usines, fermes horticoles ou cimenterie) par des investisseurs locaux et étrangers, ce qui est une source de contestation.

 La crise économique – qui contraint toutes les bourgeoisies à redoubler de coups contre le prolétariat – a suscité des réponses des prolétaires, de la petite bourgeoisie salariées (les fonctionnaires sont les premiers touchés) et des masses qui vivent dans une profonde misère.

Le Tchad a connu une grève des fonctionnaires durant six semaines au début de l’année, grève rejointe par une partie des travailleurs du secteur privé. La plupart des écoles, des hôpitaux, des universités ont été fermés et l’administration tournait au ralenti.

Au Niger, les syndicats et les partis d’opposition ont appelé à des manifestations. Des milliers de personnes se sont réunis à plusieurs reprises dans les rues de la capitale Niamey autour de slogans non seulement anti-austérité («A bas la loi de finances scélérate!») mais aussi anti-impérialistes («Forces étrangères à bas!», «Armées française, américaine et allemande, allez-vous-en !»).

Au Soudan, une manifestation contre les mesures d’austérité du gouvernement a rassemblé des milliers de personnes dans le centre de Khartoum, en scandant des slogans comme « Non à la faim ! Non aux prix élevés!».

En Éthiopie, des manifestations de masse ont dénoncé le chômage, la corruption, l’accaparement des terres et la misère, mais également la domination des dirigeants originaires du Tigré au détriment des autres peuples d’Éthiopie. Après la promulgation de l’état d’urgence, une grève générale de trois jours a paralysé le pays.

 Les réponses des gouvernements ont été plus ou moins brutales. Au Niger, la police a dispersé les manifestants et en a arrêté certains, mais le gouvernement mise surtout sur l’intimidation avec des contre-manifestations.

Au Tchad, les manifestations pacifiques ont été interdites et ont été ciblées par une violente répression, avec plus des dizaines de blessés par balles, plusieurs centaines d’arrestations et des dizaines de condamnations à de longs mois d’emprisonnement au début du mois de février.

En Éthiopie, le gouvernement a décrété l’état d’urgence, sachant que le précédent, en vigueur entre octobre 2016 et août 2017, avait entraîné plus de 20 000 arrestations.

Au Soudan, le gouvernement a réprimé très brutalement. Des centaines d’opposants ont été jetés en prison – dont des dirigeants syndicaux et du Parti «Communiste» – , mais également des journalistes qui avaient osé parler des manifestations. Les manifestants ont subi des attaques aux gaz lacrymogènes, des passages à tabac et de nombreuses arrestations.

 Au Tchad, la mobilisation a été en partie victorieuse, le gouvernement ayant dû renoncer à une grande partie de ses mesures d’austérité, en particulier la baisse du salaire des fonctionnaires. Ailleurs, la répression a stoppé les mouvements de protestation mais la colère et la rage contre l’exploitation et la misère peuvent conduire à une explosion sociale dans de brefs délais.

 Les prolétaires d’Afrique subsaharienne n’affrontent pas seulement «leurs» bourgeois et «leurs» États car nécessairement, leurs luttes remettent en cause l’ordre impérialiste. Pour vaincre, les prolétaires ont besoin de reconstituer des organisations de classe – dont un Parti communiste comme état-major de la lutte révolutionnaire. Ils ont également besoin de la solidarité active des prolétaires des métropoles impérialistes – dont une partie non négligeable est originaire des pays dominés – parce qu’ils luttent contre le même ennemi et parce que leurs luttes doivent confluer dans le combat international pour la Révolution communiste mondiale.

 

Vive la lutte des prolétaires et des masses exploitées d’Afrique !

Impérialisme français, bas les pattes de l’Afrique !

Contre l’exploitation capitaliste et l’oppression impérialiste, révolution prolétarienne internationale!

 

Parti communiste international

www.pcint.org

 

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