Points de repères marxistes sur l’impérialisme et le terrorisme

(« il comunista », N° 77, Ottobre 2001 ; «Programme Communiste», N°98, Mars 2003)

 

 

 

1. Par «impérialisme» les marxistes entendent la phase ultime du développement du capitalisme, qui ne peut déboucher que sur la révolution prolétarienne ou sur le renforcement de la dictature bourgeoise, réactionnaire sur tous les plans. La meilleure explication en a été donnée par le fameux ouvrage de Lénine sur ce sujet, auquel nous nous référons.

«Le capitalisme s’est transformé en système mondial d’oppression coloniale et de domination financière de l’écrasante majorité de la population du globe par une poignée de pays “avancés”. Et le partage du butin a lieu entre 2 ou 3 pillards (Angleterre, Amérique, Japon) de puissance mondiale, armés de pied en cap, qui entraînent le monde entier dans leur guerre pour le partage du butin» (1).

A son stade impérialiste le capitalisme tend à transformer la concurrence en monopole, déterminant de cette façon un immense élargissement du processus de socialisation de la production à l’échelle mondiale. «La production devient sociale, mais l’appropriation reste privée. Les moyens de production restent la propriété privée d’un petit nombre d’individus. Le cadre général de la libre concurrence nominalement reconnue subsiste, et le joug exercé par une poignée de monopolistes sur le reste de la population devient cent fois plus lourd, plus tangible, plus intolérable». Le capital financier, les banques deviennent en vertu du développement capitaliste les véritables acteurs de la centralisation du capital, accroissant la puissance de gigantesques monopoles. Au stade impérialiste du capitalisme, c’est le capital financier qui domine les marchés, les entreprises, toute la société, et cette domination conduit elle-même à la concentration financière jusqu’au point où «le capital financier, concentré en quelques mains et exerçant un monopole de fait, prélève des bénéfices énormes et toujours croissants sur la constitution de firmes, les émissions de valeurs, les emprunts d’Etat, etc., affermissant la domination des oligarchies financières et frappant la société toute entière d’un tribut au profit des monopolistes». Le capitalisme qui naquit du minuscule capital usuraire, termine son évolution sous la forme d’un gigantesque capital usuraire.

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2. «Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production, de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif, de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel, ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement “puissants” par rapport à tous les autres».

Le vieux capitalisme, à l’époque de la libre concurrence, était caractérisé par l’exportation des marchandises; le capitalisme moderne, à l’époque des monopoles, est caractérisé par l’exportation des capitaux. Le capital financier étend ses tentacules dans tous les pays du monde. «Les pays exportateurs de capitaux se sont, au sens figuré du mot, partagé le monde. Mais le capital financier a conduit aussi au partage direct du globe».

La concurrence s’élève donc au niveau d’une lutte entre gigantesques monopoles à l’énorme puissance financière. Le théâtre de cette lutte n’est plus le marché national, mais, dès les dernières décennies du dix-neuvième siècle, il est devenu toujours plus le monde entier.

«Les cartels internationaux montrent à quel point se sont développés aujourd’hui les monopoles capitalistes, et quel est l’objet de la lutte entre les groupements capitalistes. Ce dernier point est essentiel; lui seul nous révèle le sens historique et économique des événements, car les formes de la lutte peuvent changer et changent constamment pour des raisons diverses, relativement temporaires et particulières, alors que l’essence de la lutte, son contenu de classe, ne saurait vraiment changer tant que les classes existent».

«L’époque du capitalisme moderne nous montre qu’il s’établit entre les groupements capitalistes certains rapports basés sur le partage économique du monde et que, parallèlement et conséquemment, il s’établit entre les groupements politiques, entre les Etats, des rapports basés sur le partage territorial du monde, sur la lutte pour les colonies, la “lutte pour les territoires économiques”».

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3. Le partage économique et territorial du monde est le motif principal de la lutte entre les groupes de capitalistes, entre leurs cartels, entre leurs Etats.

Que cette lutte soit menée de façon pacifique ou manu militari, cela dépend des rapports de force entre les concurrents, des situations économiques mais aussi politiques; mais il est certain que la paix capitaliste prépare la guerre, et que la guerre se termine par un repartage économique et territorial du monde, base à son tour de nouveaux heurts et de nouvelles guerres. La spirale capitaliste de l’époque de la libre concurrence paix-guerre-paix se transforme à l’époque impérialiste en guerre-paix-guerre. Sous les cieux de l’ultime étape du développement capitaliste, il n’y a, en réalité, jamais de paix.

Dans la réalité les alliances entre Etats impérialistes «ne sont inévitablement, quelles que soient les formes de ces alliances, qu’il s’agisse d’une coalition impérialiste dressée contre une autre, ou d’une union générale embrassant toutes les puissances impérialistes , que des “trêves” entre des guerres». L’évolution des rapports entre les groupes de capitalistes peut déboucher sur une union générale entre tous les Etats impérialistes, comme c’est le cas en particulier après la chute de l’alliance réunie autour de Moscou. Mais «les alliances pacifiques préparent les guerres et, à leur tour, naissent de la guerre; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non pacifique sur une seule et même base, celle des liens et des rapports impérialistes de l’économie mondiale et de la politique mondiale».

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4. «L’impérialisme est l’époque du capital financier et des monopoles, qui provoquent partout des tendances à la domination et non à la liberté. Réaction sur toute la ligne, quel que soit le régime politique, aggravation extrême des antagonismes dans ce domaine également: tel est le résultat de ces tendances. De même se renforcent particulièrement l’oppression nationale et la tendance aux annexions, c’est-à-dire à la violation de l’indépendance nationale (car l’annexion n’est rien d’autre qu’une violation du droit des nations à disposer d’elles-mêmes)».

Alors que l’oppression salariale tend à augmenter, dans la mesure où le capitalisme ne peut arrêter sa course frénétique à l’accumulation de richesses entre les mains d’une poignée de capitalistes, augmente aussi l’oppression des nationalités, qui a pour but de garantir la pleine soumission de populations entières aux exigences du capital financier des grandes puissances impérialistes, d’obtenir de gigantesques surprofits par l’exploitation d’une force de travail à un coût dérisoire et aussi de maintenir à un bas niveau la moyenne générale des salaires des ouvriers de la métropole. Ce système est employé par toutes les bourgeoisies; les bourgeoisies les plus faibles, qui souffrent de l’oppression nationale des pays impérialistes font retomber sur les classes inférieures de leur société les conséquences les plus terribles de cette oppression; en conséquence les prolétaires et les masses paysannes de ces pays sont particulièrement exploités et opprimés: elles n’ont bien souvent d’autre droit que de mourir de faim ou d’épuisement.

Le cadre général de la situation des anciennes possessions coloniales a totalement changé depuis le début du XXe siècle. Les peuples autrefois soumis au joug colonial des puissances européennes ont appris du capitalisme lui-même, des nations européennes, les méthodes de leur libération. Beaucoup de ces peuples sont arrivés à constituer des Etats indépendants. Mais cela ne change pas le processus de centralisation et de concentration financière caractéristique du capitalisme impérialiste. C’est toujours un petit nombre de grands Etats impérialistes (à l’Angleterre, le Japon et les Etats-Unis que citait Lénine plus haut, il faut ajouter d’autres grandes puissances comme la Russie, l’Allemagne, la France, l’Italie, etc.) qui se disputent le marché mondial, les «territoires économiques»; et c’est sur la base de cette domination sur les autres pays que la lutte entre les monopoles capitalistes aggrave la concurrence entre ces grands pays impérialistes. Et cette concurrence est la base des oppositions entre Etats et de leur transformation en guerre ouverte.

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5. La perspective politique qu’offre l’impérialisme n’est pas l’autodétermination des peuples, ni l’épanouissement des cultures de ces divers peuples, ni le libre progrès économique, ni le développement pacifique des divers groupes humains.

L’avenir que l’impérialisme réserve aux populations du monde - des pays impérialistes comme des pays dominés par ces derniers - est un avenir d’oppression toujours plus grande, de guerres, de famines, d’épidémies, de destructions, de misère croissante, de réaction politique et de répression policière et militaire. La terreur qu’inspirent les puissances impérialistes vient de cette terrible perspective; elle naît du manque de moyens de survie et de la peur d’être écrasés par une oppression plus grande encore que celle dans laquelle vivent ces populations ou dans laquelle elles ont vécu dans le passé.

L’évolution historique du capitalisme rend objectivement irréalisable l’aspiration des populations encore aujourd’hui soumises au joug des puissances impérialistes à s’en émanciper par le moyen de la lutte de «libération nationale». La possibilité d’émancipation ne peut pas venir d’orientations politiques bourgeoises, mais uniquement des orientations politiques de la seule classe sociale qui d’un point de vue historique est l’antagoniste irréductible de la bourgeoisie et de toute son organisation sociale, la classe prolétarienne; celle-ci est la seule qui a intérêt à en finir avec tout type d’oppression, qu’elle soit nationale, raciale, sexuelle, religieuse ou salariale.

Le cycle des grandes luttes nationales, des guerres anti-coloniales, s’est terminé avec la victoire du Viet-Nam sur les Etats-Unis et de l’Angola et du Mozambique sur le Portugal. Les nations qui n’ont pas eu la force de se «libérer» du joug politique colonial au moment où existait une possibilité de le faire, en particulier parce que les antagonismes inter-impérialistes au niveau mondial et les alignements rigides découlant du partage du monde après la guerre, gênaient les possibilités d’action des colonisateurs, n’ont plus aujourd’hui aucune possibilité de conquérir leur autodétermination. Ce n’est qu’à l’occasion de graves déséquilibres inter-impérialistes provoqués par des guerres ou de très fortes crises économico-politiques qu’il est possible que de nouvelles nations parviennent à un semblant d’indépendance politique. Mais à notre époque de développement impérialiste extrême où toutes les nations sont soumises à la colonisation financière et à la domination politique des plus grands Etats capitalistes dont dépendent prêts, subventions, commerce, restrictions, embargos, interventions en tout genre, il est pratiquement impossible qu’une nationalité opprimée puisse effectivement obtenir son indépendance politique, même si elle mène une lutte armée de libération, y compris depuis longtemps. Face à la ligue générale des puissances impérialistes cette «indépendance» est ou une chimère ou une concession arrachée à un prix extrêmement élevé en termes de morts, de destructions, de misère et d’exploitation pour les masses. Il suffit de songer à la situation des masses palestiniennes ou des populations qui se combattent sur le gigantesque territoire congolais, pour ne pas parler du Sud-est asiatique, de l’archipel indonésien ou du sous-continent indien, etc. Si l’on veut rester en Europe, on peut rappeler la situation de l’Irlande du Nord que la Grande-Bretagne ne résoudra jamais que par la répression et l’occupation militaire, ou de celle des Balkans avec leur enchevêtrement de nationalités.

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6. Parmi les droits bourgeois que les prolétaires et à plus forte raison les communistes révolutionnaires sont historiquement tenus à respecter, se trouve le fameux droit à l’autodétermination des peuples opprimés par le colonialisme hier ou l’impérialisme aujourd’hui. C’est un problème qui est posé par Lénine exclusivement du point de vue prolétarien, c’est-à-dire du point de vue des intérêts généraux de la révolution prolétarienne actuelle et future.

Les prolétaires des pays oppresseurs doivent démontrer en pratique et pas seulement sur le plan des déclarations, qu’ils ne sont pas partie prenante mais combattent l’oppression et l’exploitation infligées par leur bourgeoisie aux populations dominées. Cette attitude implique la rupture de la collaboration interclassiste, c’est-à-dire la rupture de toute complicité avec les intérêts et les exigences bourgeoises. C’est indispensable pour faire la démonstration de la solidarité de classe avec les prolétaires des pays opprimés qui, soumis à l’oppression des pays plus puissants, sont enclins à confondre leurs aspirations propres avec celles de leur bourgeoisie. Soutenir le droit à l’autodétermination ne doit pas signifier soutenir la cause de la bourgeoisie dominée, ni avoir comme objectif que chaque peuple, chaque ethnie, chaque groupe humain arrive à se doter de son Etat national. L’histoire de la société humaine est une histoire de guerres et de révolutions, une histoire de la force, de la violence et de la dictature que les classes utilisent sur d’autres pour défendre ou imposer des intérêts bien précis.

Mais l’histoire de la lutte des classes dépasse les aspirations des populations particulières et détermine objectivement les époques et les endroits où ces aspirations peuvent ou non se réaliser. L’histoire de la lutte des classes a porté sur le devant de la scène un acteur bien particulier, le prolétariat, que le développement du capitalisme a répandu sur le monde entier. La caractéristique du prolétariat est que ses aspirations et ses tâches historiques ne sont pas compatibles avec une société divisée en classes, mais impliquent au contraire la disparition des classes sociales, c’est-à-dire la disparition de l’oppression et de la domination de la majorité de la population par une minorité privilégiée.

Unique classe révolutionnaire de la société moderne, la classe des sans-réserves, la classe des prolétaires, est constituée par la force de travail que les capitalistes exploitent pour tirer leurs profits. C’est la classe dont la bourgeoisie extorque la plus-value, la richesse sociale dont l’appropriation privée représente l’oppression inhérente à sa société.

Parce que c’est de son exploitation que naît la richesse sociale, la classe prolétarienne a la force potentielle de révolutionner la société capitaliste et d’entraîner derrière elle dans sa lutte révolutionnaire toutes les couches déshéritées et opprimées y compris des pays capitalistes peu développés. Mais il lui faut être politiquement clairvoyante: dans les pays capitalistes industrialisés le problème de l’oppression nationale est grosso modo dépassé (même s’il existe toujours le racisme vis-à-vis des membres des nations plus faibles), et la question de la lutte pour la prise du pouvoir politique se pose directement; à l’inverse dans les pays faiblement développés où, même si domine le mode de production capitaliste, subsistent encore des formes sociales et économiques précapitalistes (par exemple dans les rapports entre famille et société, à l’intérieur de la famille, dans l’existence de castes, de formes religieuses, etc.), l’arriération économique et sociale s’accompagne d’oppression nationale, voire ethnique, de la part des classes dominantes locales et impérialistes.

L’opposition des prolétaires des pays industrialisés à tout type d’oppression signifie aussi l’opposition à l’oppression nationale que leur bourgeoisie exerce contre ces populations. Et s’opposer à cette oppression, soutenir le droit de ces populations à ne plus être opprimées par d’autres peuples, soutenir leur droit à l’indépendance, veut dire utiliser la force de classe pour obliger la bourgeoisie à cesser cette oppression; cela veut dire lutter ouvertement contre sa bourgeoisie de façon à lui rendre plus difficile ses opérations d’oppression et de répression; mais cela veut dire aussi lancer au prolétariat de ces pays, même s’il est peu nombreux, le mot d’ordre de la solidarité de classe entre prolétaires au-dessus des frontières, le mot d’ordre d’unité de lutte contre toutes les bourgeoisies.

L’attitude prolétarienne classiste est donc dialectiquement unifiante, et cela parce qu’elle se situe dans la perspective de la révolution communiste internationale. Tel était le message de Lénine, et telle était l’action du parti bolchevik dans les toutes premières années de la dictature.

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7. Le défaitisme révolutionnaire qui caractérise l’activité pratique des prolétaires conscients dans la guerre impérialiste trouve sa réalisation et sa préparation y compris en temps de paix. La classe dominante bourgeoise appelle toujours le prolétariat à la collaboration pour le bien de l’entreprise, de l’économie nationale, de la patrie, des intérêts nationaux à défendre contre les divers concurrents. Au cours de son développement le capitalisme a accumulé une telle quantité de profits qu’il peut en utiliser une petite partie pour lier les prolétaires à la défense des exigences du capital et à la défense de l’Etat bourgeois. L’impérialisme tend à constituer parmi les prolétaires des catégories privilégiées et à les détacher des la grande masse; il a la possibilité économique de diviser le prolétariat en couches inférieures et couches supérieures qu’il corrompt. C’est ainsi qu’il crée et renforce ce qui s’appelait dans le mouvement ouvrier l’opportunisme et que nous préférons appeler désormais le collaborationnisme. L’aristocratie ouvrière est constituée par ces couches privilégiées qui lient leur sort aux intérêts des capitalistes; ces travailleurs sont des prolétaires, mais ils ont un rôle collaborationniste, donc bourgeois, antiprolétarien, au sein des masses ouvrières. Ces couches d’aristocratie ouvrière, assimilables par leur rôle social à la petite-bourgeoisie, fournissent le gros du personnel politique et syndical de l’opportunisme, véritables lieutenants de la bourgeoisie au sein du prolétariat!

Il est caractéristique de ces couches sociales de reprendre à leur compte la défense des formes de la domination bourgeoise qui leur permettent d’agir, d’ «exercer leur fonction sociale d’influence et de contrôle des masses prolétariennes»: la démocratie, le parlementarisme, le cirque électoral, le partenariat social, les négociations permanentes, tout cela dans un climat de paix sociale et de conflictualité réduite au maximum.

La démocratie bourgeoise se modifie à l’époque impérialiste. Ce n’est plus la démocratie libérale où malgré tout le prolétariat a pu conquérir des espaces qui ont permis la diffusion de la propagande socialiste et la constitution d’organisations classistes parfois imposantes. La démocratie est un voile qui camoufle la réalité du pouvoir de la bourgeoisie, la dictature de cette classe qui à l’époque impérialiste s’exerce avec une force implacable. Dans les pays les plus puissants les capitalistes ont encore suffisamment de réserves pour maintenir en fonction les coûteuses formes démocratiques avec leur série interminable d’institutions, de partis, de syndicats, d’associations les plus diverses dans le but d’huiler les rapports sociaux et de prévenir la reconstitution de la force de classe du prolétariat. Mais à l’époque impérialiste la démocratie est de plus en plus blindée, de plus en plus «totalitaire», de plus en plus «dirigée» et à sens unique, de plus en plus prête à utiliser si nécessaire les méthodes répressives et les moyens de force; et le jour où la situation sociale et politique le rendrait nécessaire pour préserver le système capitaliste, elle laissera la place en un clin d’oeil à la dictature ouverte, comme c’est déjà arrivé au moment du fascisme.

De quelle démocratie peuvent donc se faire le champions les Etats impérialistes quand ils prétendent faire adopter dans tous les pays, y compris par la force des armes, des régimes démocratiques? Les prolétaires des pays peu développés ne doivent nourrir aucune illusion sur les avantages qu’ils pourraient retirer de l’administration - y compris forcée! - de doses de démocratie impérialiste. Bien plus favorable pour eux, ne serait-ce que sur le plan de la clarification des rapports entre les classes, est la lutte ouverte contre l’oppression, la guerre de libération nationale, qui aurait pu se transformer en guerre civile contre la bourgeoisie à la condition qu’aient existé des forces organisées et dirigées par le parti de classe. Cela ne s’est pas passé ainsi et il est bien peu probable qu’une telle éventualité se vérifie à l’avenir.

 

 Sur le terrorisme

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8. Les méthodes de domination bourgeoise, même en plein régime démocratique parlementaire, n’ont jamais exclu les moyens violents de la répression, du terrorisme d’Etat, du coup d’Etat ou de la dictature militaire. Les exemples sont nombreux au XIXe comme au XXe siècle C’est la démonstration que la dictature du capital - du mode de production capitaliste, de ses lois et de son processus d’appropriation privée de la richesse produite - n’a pas toujours la possibilité ou le besoin de s’enjoliver des atours de la démocratie parlementaire, bien au contraire. La guerre elle-même est l’expression suprême du terrorisme étatique. Et nous ne parlons pas seulement des bombes atomiques ou des camps de concentration; dans les guerres impérialistes les classes dominantes utilisent toujours plus le massacre de populations civiles comme un élément stratégique pour affaiblir et démoraliser l’ennemi et hâter ainsi la victoire.

Mais ces méthodes ne sont que le prolongement des guerres coloniales que les puissances capitalistes menèrent sur les divers continents pour s’emparer de sources de matières premières, de voies de communications, de marchés, bref de «territoires économiques». Dans ces guerres les armées coloniales combattaient des populations plus que des armées régulières; détruire des villages entiers avec leurs habitants était la méthode employée pour briser la résistance de ces populations. Celles-ci répondaient à ce terrorisme par tous les moyens à leur disposition, en utilisant toutes les ressources qu’ils possédaient, en faisant combattre femmes et enfants. C’est ainsi qu’est née la guerre de partisans, la guérilla, c’est-à-dire la guerre menée non par des professionnels, mais par des civils transformés temporairement en combattants.

La technique militaire change avec le progrès technique et changent parallèlement les instruments utilisés par les méthodes terroristes: 2000 ans se sont écoulés pour passer du fouet et de la crucifixion à la bombe atomique et à la guerre bactériologique. Mais nous sommes toujours en présence du terrorisme de sociétés divisées en classes, de sociétés fondées sur l’oppression, qu’elle soit esclavagiste ou capitaliste.

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9. La propagande bourgeoise démocratique répand la croyance que l’Etat central avec ses diverses institutions est un rempart de la civilisation, de la paix, dont l’objectif fondamental est d’assurer le bien-être de tous les citoyens, quelle que soit leur classe sociale. A cet Etat est confié le monopole de l’usage de la violence, exercée uniquement pour combattre les crimes et faire respecter les lois pour le bien de tous. C’est donc l’Etat qui organise cette violence légale en forces de police et forces militaires chargées d’intervenir à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières pour défendre les intérêts nationaux, censés être communs à tous, et l’ordre constitué, censé être le meilleur possible. Tout ce qui s’oppose à cet ordre constitué est défini comme un crime; la bourgeoisie utilise ainsi toute sa puissance économique, politique et militaire pour mettre hors la loi toute force, même modeste, qui se constitue pour combattre cet ordre, et tout particulièrement qui utilise la violence.

La démocratie bourgeoise, véritable fétiche moderne, camoufle hypocritement sous un voile d’illusions la réalité de la division de la société en classes, et des antagonismes entre les classes qui mettent en mouvement les forces sociales. La société bourgeoise est en permanence traversée par une lutte incessante que ce soit sur le plan de la concurrence entre bourgeois, entre entreprises, entre Etats, ou sur le plan de la lutte entre les classes, entre bourgeois et prolétaires, ou entre classes et demi-classes (bourgeois et petit-bourgeois, etc.). La violence qui s’exerce dans cette lutte permanente n’est pas toujours «cinétique», c’est-à-dire ouverte: dans les pays capitalistes développés la menace d’utiliser la violence suffit en temps normal à garantir la paix sociale et la soumission aux exigences du capital. L’efficacité de cette violence «virtuelle» est le signe que la domination de la classe bourgeoise n’est pas encore contestée par les classes dominées.

La lutte ouverte, déclarée, effective, entre les classes qui savent que leur antagonisme est irréductible, n’est pas une situation normale pour les pays impérialistes où la bourgeoisie utilise des miettes de ses profits ou surprofits pour entretenir le collaborationnisme et acheter certaines couches sociales. Ce n’est que dans des situations de graves difficultés économiques où les larges masses prolétariennes souffrent d’une dégradation générale de leur situation et connaissent à nouveau l’insécurité et la peur du lendemain, que peuvent réapparaître à grande échelle des poussées de lutte ouverte.

Les cycles économiques capitalistes avec leurs crises périodiques entraînant l’appauvrissement de couches importantes de populations pas seulement ouvrières, poussent des groupes sociaux à se rebeller jusqu’à susciter des mouvements de lutte de type partisans ou terroristes.

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10. Si nous laissons de côté les actions de l’Etat ou de certains de ses services, le terrain politique où naît le terrorisme réactionnaire, de droite, reste le terrain de domination de classe bourgeois. Les intérêts que défend ce terrorisme sont des intérêts de fractions bourgeoises particulières qui en combattent d’autres à la tête du pays. Et à l’époque du capitalisme ultra-développé, ces intérêts particuliers ne peuvent pas ne pas avoir ou ne pas chercher à avoir des liens avec d’autres fractions bourgeoises à l’extérieur du pays. L’universalisation du capitalisme est aussi l’universalisation de ses contradictions et de ses rivalités. Elle conduit à la cartellisation des intérêts de groupes capitalistes déterminés et à l’aggravation de leurs oppositions. De ce point de vue il n’est pas faux de parler de terrorisme international parce que ce terrorisme là est lié à des intérêts économiques internationaux. Il s’agit d’un terrorisme bourgeois, même s’il utilise comme masse de manoeuvre - comme le fait toujours la bourgeoisie - des éléments issus des couches pauvres de la société et même du prolétariat.

Le terrain politique d’où est issu le terrorisme de gauche est celui du réformisme. Par réformisme nous entendons la politique qui prétend possible la conciliation entre intérêts prolétariens et bourgeois grâce à une médiation permanente et en utilisant les instruments de la démocratie fournis par la bourgeoisie. L’histoire a fait de manière irréfutable la démonstration que cette politique ne sert en réalité que la bourgeoisie. Les bases matérielles du réformisme - qui est né de la corruption du mouvement ouvrier - se trouvent dans la division que produit la capitalisme dans les rangs prolétariens; il y crée des couches, qui à certaines époques peuvent très larges, relativement ou absolument «privilégiées» par rapport à la masse sur le plan non seulement des salaires mais surtout de «garanties» qui paraissent les faire échapper à la condition prolétarienne.

En périodes de crises économiques ces privilèges s’amenuisent et pour de nombreuses couches prolétariennes tendent à disparaître. Soutenues par la force des Etats les classes patronales tendent inexorablement à remettre en cause les avantages concédés autrefois. La politique du réformisme légaliste classique porte de mois en moins de fruits et les manifestations, les actions y compris de grève qu’il est contraint d’organiser, se révèlent incapables de freiner la détérioration des conditions prolétariennes. C’est alors que certains groupes d’intellectuels et de prolétaires peuvent avoir recours à des formes de lutte armée afin d’intimider les patrons et les forces de l’Etat ou de pousser le réformisme à la lutte. Il est inévitable que des couches prolétariennes puissent être entraînées dans ce genre de luttes car elles ressentent au premier chef le besoin de riposter aux attaques bourgeoises sur le terrain de la violence.

C’est l’orientation politique de ce terrorisme de gauche - type Brigades Rouges pour prendre l’exemple italien - qui en détermine l’impuissance. Le brigadisme tout en s’affrontant militairement à l’Etat et à l’impérialisme au travers des grandes multinationales, ne sortait pas du cadre politique du réformisme traditionnel; il demandait au fond «plus de démocratie», plus de respect des «droits acquis», il voulait empêcher le démantèlement du système d’amortisseurs sociaux édifié au cours de la période d’expansion économique et il voulait que le réformisme revienne à la pratique plus «combative» qui était la sienne à cette époque. Il défendait ces revendications les armes à la main, et c’est pourquoi nous l’avons appelé le réformisme armé.

Le réformisme armé a fait la démonstration de son impuissance. Mais le mal qu’il a causé dans les rangs ouvriers a consisté essentiellement à paralyser toutes les tentatives de réorganisation classiste qui naissaient alors, tant contre le patronat que contre le collaborationnisme traditionnel des syndicats tricolores et des partis nationaux-communistes. Le réformisme classique qui n’a eu aucune part dans la naissance des BR ou des autres groupes de lutte armée a pu tirer cependant un grand bénéfice de leur insertion dans les luttes ouvrières à un moment particulièrement critique pour le capitalisme (période de la crise capitaliste mondiale de 1974-75), alors que son influence commençait à décliner après les luttes de ces années.

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11. La lutte prolétarienne contre l’impérialisme ne peut être conduite sur le terrain et avec les méthodes de la démocratie. C’est l’histoire de toutes les luttes de libération nationale et de toutes les luttes ouvrières qui ont marqué les décennies d’après-guerre qui le démontrent. Aucun peuple ne s’est jamais autodéterminé que par la force, par la guerre nationale contre les puissances coloniales et l’impérialisme. Aucun mouvement ouvrier n’a pu résister à la pression et à la répression capitalistes sinon par la force dans la rue. La violence qui sourd à travers tous les pores de cette société ne pourra jamais être vaincue et éliminée que par une violence supérieure. Mais alors il ne s’agira pas d’une violence épisodique, même si des épisodes de violence minoritaires, d’actes de représailles contre l’ennemi de classe, etc. seront non seulement inévitables mais utiles; il ne s’agira pas de groupes terroristes, ni d’actes de «violence aveugle» dictés par le désespoir ou, pire encore, le mépris de la vie des prolétaires, même si comme nous l’enseignait déjà Engels les révolutionnaires ne peuvent se passer de la terreur que leurs armes infligent à leurs adversaires. Il s’agira de violence révolutionnaire, il s’agira des méthodes de riposte et d’attaque que le prolétariat réorganisé en organisations de classe et autour de son parti sera capable de mettre en oeuvre de façon scientifique dans la perspective de l’affrontement ultime avec la classe ennemie.

Si nous jetons un coup d’oeil au monde contemporain, nous constatons d’innombrables cas où la violence étatique se heurte à la violence de groupes armés. L’impérialisme a répandu son oppression aux quatre coins du monde; il a en même temps appris aux bourgeoisies des pays peu développés comment mieux opprimer leurs populations. Il a créé, entretenu et soutenu toute espèce d’organisations terroristes y compris celles qui se basent sur le fondamentalisme religieux pourvu qu’elles puissent être utilisées à un moment ou à un autre contre des concurrents. Cela s’est passé partout, en Europe, en Afrique, en Amérique Latine, en Asie, au Moyen-Orient, et cela continuera à se passer ainsi, même quand demain l’impérialisme devra faire face à la révolution prolétarienne internationale.

L’impérialisme peut utiliser tout type de guerre, tout type de terrorisme, à l’exception de la lutte indépendante de classe des prolétaires. Mais cette lutte est la plus difficile à entamer et à mener jusqu’au bout, jusqu’à la lutte révolutionnaire pour le renversement de la dictature bourgeoise et l’instauration de la dictature prolétarienne exercée par le parti unique de classe. Il faut des conditions historiques déterminées pour que renaisse cette lutte et qu’elle puisse s’étendre internationalement. Cette perspective n’est pas une utopie puisqu’elle s’est déjà réalisée, lors de la grande vague révolutionnaire née lors de la première guerre mondiale et de la victoire de la révolution en Russie. Ces conditions historiques réapparaîtront inévitablement; les contradictions du capitalisme ne conduisent pas seulement à une guerre impérialiste générale mais aussi à l’ouverture en même temps d’une période révolutionnaire qui ne pourra se conclure positivement que si le prolétariat réussit à se doter de son parti marxiste compact et puissant.

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12. La bourgeoisie a toujours justifié ses guerres au nom de la défense de la paix, de la civilisation et autres principes démocratiques. Au cours des dernières années les puissances impérialistes ont mené leurs guerres de rapines au nom de motifs soi-disant «humanitaires», pour amener la paix dans des régions malheureusement ravagées par des guerres intestines, etc. Le collaborationnisme, même quand il critique le recours à la «solution militaire», donne toujours en fait son soutien à son Etat dans ces guerres. Il est impossible de ne rien attendre d’autre de ces organisations collaborationnistes qui sont inextricablement liées à la bourgeoisie; toute opposition à la guerre qui voudrait s’appuyer, ne serait-ce qu’en partie, sur elles ne serait qu’une triste mascarade. L’Eglise chrétienne elle-même, plus hypocrite que les Eglises islamiques, ne parle jamais de «guerre sainte» mais sanctifie dans les faits l’intervention militaire impérialiste comme hier en Yougoslavie et en Afghanistan.

Le pacifisme caractéristique des mouvements religieux et des mouvements réformistes est toujours prompt à se transformer en soutien aux guerres de son impérialisme, dès que le prétexte juste en a été trouvé. Et le prétexte du terrorisme islamiste est certainement l’un des plus efficaces car il peut s’appuyer sur la compassion envers les populations sans défense frappées par celui-ci et sur la croyance très répandue que le christianisme est plus civilisé que son concurrent islamique, sans oublier la connotation raciste renforcée par le fait que l’Islam est la religion des couches les plus exploitées du prolétariat. Le prétexte du terrorisme islamiste est aussi utilisé pour passer sous silence l’oppression brutale qu’exercent les grandes puissances impérialistes auxquelles le pacifisme offre en réalité son appui même dans les manifestations anti-guerres, puisque il se borne à prier ces puissances d’avoir pitié des plus faibles. Le pacifisme est sans doute une des manifestations les plus évidentes de l’impuissance face à la domination capitaliste; mais c’est aussi et surtout une entrave à la reprise de la lutte de classe dans la mesure où il diffuse parmi les prolétaires la croyance qu’il est possible de résoudre les contradictions sociales en faisant appel à la bonne volonté, à l’humanité des capitalistes.

Ce ne sont pas les bons ou les mauvais sentiments des capitalistes qui sont en cause; ce sont les lois du mode de production capitaliste qui engendrent nécessairement l’inégalité, l’exploitation, l’oppression, la violence; ce sont ces lois qui imposent aux capitalistes eux-mêmes une conduite conforme aux besoins de la conservation et de la défense de ce système. Il n’est pas possible de s’opposer véritablement aux effets inévitables du système capitaliste, si l’on ne combat pas le capitalisme lui-même: c’est précisément ce que le pacifisme ne veut et ne peut pas faire.

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13. La reprise de la lutte de classe du prolétariat ne se produit pas à l’improviste, elle n’éclate pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle ne peut être qu’un processus de maturation long et contradictoire. Les fondements matériels de la lutte de classe résident dans le rapport même qui est au coeur du capitalisme, le rapport entre capital et force salariée; les fondements sociaux résident dans les rapports de force qui s’établissent entre les classes; les fondements politiques résident dans le programme du communisme révolutionnaire qui synthétise toute la trajectoire historique de la lutte entre les classes, de son origine à l’affrontement final avec la bourgeoisie.

Dans la réalité quotidienne du capitalisme l’exploitation et l’oppression notamment nationale provoquent continuellement des luttes de résistance. Tant qu’elles restent dans un cadre bourgeois, ces luttes, même menées par des moyens violents, sont condamnées à être réabsorbées et à recommencer indéfiniment: les malheurs dont souffrent les masses opprimées, prolétariennes ou non, ne cessent jamais parce que le capitalisme ne peut pas changer de nature et se transformer en mode de production harmonieux, non antagonique. La seule perspective d’avenir de ces luttes de résistance est qu’elles se hissent au niveau de la lutte classiste, qu’elles dépassent les limites bourgeoises auxquelles les restreignent toutes les forces de la collaboration entre les classes.

Les communistes révolutionnaires doivent lutter contre toutes les oppressions bourgeoises ou pré-bourgeoises. Ils ne peuvent en aucun cas et d’aucune façon appuyer la classe dominante, même quand elle est victime d’agression ou de déroute économique. Les coups infligés à la stabilité du pouvoir bourgeois peuvent venir de diverses directions: de l’intervention militaire de puissances plus fortes, d’actes terroristes de divers types, etc. Les communistes sont intéressés à jauger les dommages causés au pouvoir bourgeois, non pour voler à son secours mais pour apprécier sa plus faible capacité de résistance à la lutte ouvrière, à la lutte pour la défense des intérêts prolétariens immédiats et à long terme. De son côté la bourgeoisie cherche à utiliser les menaces qui pèsent sur elle ou les coups qu’elle subit pour appeler la classe ouvrière à la soutenir, à sacrifier ses intérêts propres au nom des intérêts bourgeois «supérieurs» dans une union sacrée - au moment même où elle a besoin d’accroître l’exploitation, d’extorquer une part supplémentaire de plus-value pour contrebalancer les pertes subies.

Les prolétaires conscients ne peuvent pas se réjouir devant les massacres commis par les bombardements humanitaires de l’impérialisme et pas davantage devant ceux commis par des actes terroristes d’organisations bourgeoises. Dans ces massacres ce sont leurs frères de classe qui constituent la plupart des victimes. Ils ne s’en réjouissent pas, mais ils ne participent pas à l’union sacrée de tous les citoyens que veut constituer la bourgeoisie en défense de l’ordre établi. Ils rappellent qu’ils sont tous les jours les victimes de cet ordre établi, les victimes de l’esclavage salarié avec son cortège quotidien d’horreurs, de misère et de morts, même dans les périodes idylliques de l’expansion économique.

Les communistes révolutionnaires et les prolétaires conscients savent que la bourgeoisie n’a aucune pitié pour ses victimes, pour ceux qu’elle exploite et affame dans le monde entier afin de s’approprier des richesses toujours plus gigantesques. Quelle pitié pourraient-ils avoir pour les bourgeois? Que chacun pleure ses morts.

Les prolétaires ont un avenir, les bourgeois et leur système n’ont pas d’avenir à offrir à l’humanité, ils n’ont qu’un passé de misère, de malheurs et de maux en tous genres dans lequel ils voudraient la maintenir éternellement. Indissolublement liés à la propriété privée, à l’argent, dépendants du marché qui les fait vivre ou les condamne à la ruine, ils sont depuis longtemps une véritable classe superflue pour l’humanité; pire une classe dangereuse puisque les besoins du profit les pousse toujours plus non seulement à massacrer les êtres humains mais à ravager la planète elle-même. Leur force est directement fonction de la faiblesse du prolétariat qui est appelé à être leur fossoyeur et le fossoyeur de leur système.

Si du point de vue objectif la maturation des conditions générales de la reprise de la lutte de classe ne peut pas être accélérée par des expédients quels qu’il soient, du point de vue subjectif il est possible et nécessaire qu’agissent la volonté et la conscience militante pour que se constitue un véritable parti communiste international, capable d’armer les prolétaires d’avant-garde du patrimoine léguée par les générations précédentes, capable demain de devenir l’organe dirigeant la lutte révolutionnaire puis l’exercice de la dictature prolétarienne mondiale. L’histoire de la lutte des classes, l’histoire des révolutions et des contre-révolutions a déjà indiqué la voie à suivre, la voie éclairée par le marxisme en dehors de tout révisionnisme, de tout expédientisme, de tout personnalisme.

 


 

(1) Cette citation et celles qui suivent sont tirées de l’ouvrage classique écrit par Lénine en 1916 «L’impérialisme phase suprême du capitalisme», O.C. Tome 22.

 

 

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